Hockey
Retour27 mars 2025
Zachary Desrosiers - zdesrosiers@medialo.ca
Eduard Bondar : le défenseur russe qui s'impose dans la LHJMQ

©Archives Dany Germain - Le Citoyen Rouyn - La Sarre
Malgré un anglais de base, Eduard Bondar a été accueilli à bras ouverts par ses coéquipiers des Foreurs.
À seulement 17 ans, Eduard Bondar a quitté sa Russie natale pour s’expatrier à Val-d’Or, dans l’espoir de se faire valoir auprès des recruteurs de la LNH et de s’immerger dans le hockey nord-américain. Un pari risqué, mais qui s’avère payant jusqu’à présent pour les Foreurs.
S’adapter à un nouveau pays, une nouvelle culture et un nouveau style de hockey n'est pas chose facile. Mais pour le défenseur de 6 pieds 5 pouces, l’adaptation s’est faite assez rapidement. « C'était difficile au début, mais maintenant, j'adore ça. Il y a de nouvelles personnes, ce n'est pas comme en Russie, et c'est plus intéressant », confie-t-il.
La barrière linguistique a aussi été un défi, car le monde du hockey se déroule majoritairement en anglais. Bondar, initialement repêché par les Cataractes de Shawinigan avant de rejoindre le Vert et Or, a dû apprendre une langue qu’il ne connaissait pas du tout. « Je me servais de mon téléphone et de Google Translate tout le temps. Mais en parlant de plus en plus, je me suis amélioré », raconte-t-il. Quant au français, il n’exclut pas de s’y mettre l’année prochaine : « Pourquoi pas ? Les coachs parlent souvent en français, donc ce serait bien pour moi », a mentionné l’homme dans une entrevue accordée au Journal Le Citoyen.
Son entraîneur chez les Foreurs, Maxime Desruisseaux, souligne l’engagement de Bondar pour s’améliorer. « Il est arrivé ici sans vraiment parler anglais, mais il a toujours voulu progresser. L'organisation lui a fourni les outils nécessaires pour l'aider, notamment un enseignant bilingue avec qui il entretient une bonne relation. Il a beaucoup travaillé pour apprendre des mots, et sa volonté d’apprendre a vraiment fait la différence. »
Une adaptation du jeu en vitesse grand V
Après plusieurs années de développement en Russie, le style de jeu entre la Ligue Junior Maritime Québec (LHJMQ) et la Junior Hockey Ligue où la Molodiojnaïa Hokkeïnaïa Liga en russe, sont des champs complètement opposés. Eduard Bondar a dû rapidement s’ajuster au niveau nord-américain avec seulement quelques pratiques d’équipe dans le corps. « C'est très différent. En Russie, la patinoire est plus grande, ici le jeu est plus rapide et il y a plus de mises en échec. Ça a été difficile au début, mais j'ai appris et maintenant, tout va bien », affirme Bondar.
Son entraîneur confirme cette progression : « Une de ses plus grandes qualités, c’est son dévouement et son éthique de travail. Il joue avec urgence, avec dynamisme, et c’est vraiment agréable à voir. Je trouve qu’il a une belle courbe de progression. Il a travaillé fort avec Shawn (Mortin-Boutin). Il n’est pas seulement grand et physique, il est aussi capable de faire de beaux jeux avec la rondelle. »
Alors que les Foreurs viennent tout récemment de conclure leur saison régulière, ils feront un retour dans les séries éliminatoires pour la première fois depuis la saison 2021-2022. Le défenseur a bien hâte de vivre un premier parcours printanier à Val-d’Or et s’attend à ce que la vitesse et l’exécution soient encore plus rapides.

©Archives Dany Germain - Le Citoyen Rouyn - La Sarre
Le jeune homme de 18 ans a récolté 3 buts et 9 passes à sa première saison dans la LHJMQ tout en mangeant de nombreuses minutes de jeu match après match.
Un rêve prêt à se réaliser
Le natif de Nevinnomyssk, ville de plus de 110 000 âmes a vu son nom apparaitre sur les différentes listes pour le prochain repêchage de la LNH qui se tiendra à Los Angeles cet été. Le défenseur format géant était classé 110e chez les patineurs nord-américains. Ressent-il de la pression? « Un peu avant les matchs, mais une fois sur la glace, je me concentre seulement sur mon jeu », affirme-t-il. Il a déjà discuté avec certains recruteurs, qui voient en lui un grand défenseur mobile et physique. « Ils aiment mon jeu dans les coins de la patinoire et mon patinage. »
Quant à la possibilité d'être repêché par une équipe de la LNH cet été, il y voit une étape importante, mais ce n’est que le début. « C'est juste la première étape, mon rêve ultime, c'est de bien jouer dans la LNH. »
Depuis son arrivée en Abitibi-Témiscamingue, Eduard Bondar a goûté à la culture québécoise et celui qui a fêté son 18e anniversaire de naissance le 31 janvier dernier apprécie la fameuse poutine : « J’ai essayé une fois, j’ai rajouté du smoke meat avec et c’était super bon (rires). »
Il se concentre maintenant à aider les Foreurs à remporter une première ronde éliminatoire depuis 2016-2017 si on exclut la saison des bulles de COVID-19 à travers la ligue.
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